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Laisse Béton

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Laisse Béton

19 enero

chaussette à spi

J'ai eu une inspiration soudaine en ce qui concerne le spi
(celui à hisser sur le mât de la future crèperie 'Laisse B.').
Note : c'était le matin dans mon lit, j'avais pas bu encore...
 
Considérant que les distribils, au moment des hissages et amenages du spi
viennent quasi toujours de sacs de noeuds à l'intérieur de la chaussette,
ça serait vraiment pas possible de mettre un seul bout, libre, et tout à l'extérieur ?
Le montage est archi-simple (voir schéma), et au moins, si y'a un sac de noeud, il sera visible du pont,
le diagnostic serait super facile à faire.
Je sais, ça a l'air trop simple, et ça a dû être la première version envisagée
à l'époque préhistorique, mais quand même... plus j'y regarde...
je suis pas sûr que ça marcherait pas.
 
A la montée de la chaussette, dès que le vent à pris dans le bas du spi, ça monte tout seul... et rien de fait obstacle.
Faut juste embraquer vite fait le bout pour qu'il ait pas le temps de s'emmerdouiller dans la poulie
(c'est le point faible ? pas plus qu'avant...).
Et à la descente, c'est pas pareil que dans le système actuel ? mais moins les emmerdouillis de la patte d'oie à l'intérieur de la chaussette !!! Non ?
 
C'est si con que ça ? J'ai oublié kekchose ? ou ça vaut la peine d'essayer ?
 
A oui, à part ça: Bonne année à tous !!!
 
Chris 'Simplet'
 
 
 
 
salut chris "simplet"

j'ai lu avec beaucoup d'attention ton idée "chausette". N'ayant pas tes talents de dessinateur, je tente une objection écrite.
Apparemment tu ne veux qu'un bout à l'extérieur de la chausette retournée.
Je prends un exemple:
le matin lorsque tu quittes ton plumard (après avoir fosforé sur la chausette à spi et avant d'attaquer le blanc)si tu tentes de mettre ton slibard
avec une seule main(la droite par exemple) placée en regard de ta hanche (droite) tu risques fort que ton calbute reste bloqué au niveau de ton genou
(gauche). Si tu essayes de le tirer par derrière (y a pas de mal à s'faire du bien) toujours avec une seule main, je pense que la partie antérieure de ton slibard
va venir se coincer sous ton scrotum et si tu tires plus fort, tu risques de t'arracher les couilles, ce qui au petit matin blême fait un mal de chien et va entrainer
une extinction de l'érection inaugurale.
Autrement dit: je pense qu'il faut que l'anneau distal de la chausette soit tracté par plusieurs brins pour circuler perpendiculairement à l'axe du spi, sinon il risque de se mettre de travers et de bloquer lors de la descente sur un spi gonflé par 35 nd de vent.
Clairement la seule chose a faire et l'aller essayer entre trégastel et la pointe sud de l'irlande au cours du mois de mai prochain. En ce qui concerne les géraniums, les crêpes et la pancarte "a vendre" je proposerai une motion au nom du petit peuple lors du prochain congrès extraordinaire (le jour du premier match du tournoi)
Sur ce, je vais me voter un scotch.
Bises
A +
Roland
 
 
Monsieur l'Enslipeur,
 
J'attendais ton objection !!! Mais merci de l'avoir rendu pédagogiquement aussi accessible.
Je répondrai plus en détails si j'en trouve le temps, mais pour le moment trois remarques seulement :
 
1) le cerceau de bas de chaussette, sur mon plan, comporte, grace à un "Y" (qui existe déjà !)  deux points de tire,
un de chaque côté, ce qui revient, pour ton analogie, à enfiler mon calbute avec deux mains. Et pour ce faire, en général,
je ne mets pas mes mains à l'intérieur dudit calbute... Tu as peut-être toi-même besoin, pour enfiler ton slibard, 
de quatre mains (ou plus ?) placées à l'intérieur , mais je suis moi-même célibataire sans enfants,  et j'ai dû apprendre à me débrouiller
avec seulement deux mains, que je mets en général à l'extérieur, et ça marche !
Je sais, y'a la question de l'axe de tire ! Objection rejetée : pour avoir pu à maintes occasions observer l'état dans lequel
je suis à mon petit lever, tu comprendras que je suis bien incapable de tirer quoi que ce soit dans l'axe ... et pourtant j'arrive, en général, à enfiler mon slip (il m'arrive de me faire aider pour l'enlever, mais c'est pour rire... et c'est pas le sujet.).
 
2) sauf innovation technique récente dont je n'aurais pas eu connaissance, les spis n'ont ni genoux ni scrotum
(quoique ce dernier point puisse être discuté, métaphoriquement parlant).
 
3) j'ose à peine mentionner le fait que, vu qu'à partir de 10 noeuds de vent, on ne hisse pas le spi, et qu'à partir de 12 noeuds,
on l'amène en catastrophe, il est hors de question qu'on soit un jour confronté au problème de l'affaler par 35 noeuds de brise
(évidemment, 35 noeuds, ça ferait 70 couilles, haha).
 
Bonne nuit
Chris l'Enslipé
 
 
22 junio

Petit poisson dans les wawa

 

 

Il m’en est encore arrivé une bien bonne que je ne résiste pas au plaisir de vous raconter. Une petite semaine de congés, cap sur la Bretagne. Le bateau est à sa place dans le port de Perros, tranquille. Branchement de l’électricité, vérification de la charge des batteries, rangements divers. Il fait un peu froid et le froid, ça favorise le remplissage vésical par un mécanisme dont je n’ai pas la moindre idée malgré de longues et brillantes études de médecine. Comme je réprouve le geste, pourtant éminemment hexagonal, du pipi dans le balcon arrière, choquant au plus haut point les Anglais de passage, j’ouvre les vannes des toilettes, vérifie le bon fonctionnement de la pompe et la liberté de la tuyauterie et miction. Fermeture du couvercle et pompage vigoureux mais mesuré. Tant que j’y suis, je vais donner un petit coup de propre à l’endroit et notamment mettre une pastille de javel dans l’eau de la cuvette. Je soulève le couvercle et là, surprise, étonnement, hilarité, dans le fond, un petit poisson frétille, l’œil vif, bien vivant. Vous connaissez le mythe des crocodiles proliférant dans les égouts de Paris et les gens qui ont la phobie de se faire mordre le fion par un monstre caché dans les canalisations. Là, il ne s’agit pas d’un caïman, ni d’un tentacule de calamar géant, mais d’une vulgaire touille de 5 à 6 centimètres, quand même. Elle devait être en train de casser la croûte dans le passe-coque quand elle a été violemment aspirée dans le tuyau, un tour de manège dans le coude anti-siphon et descente vertigineuse, façon Aqualand, jusque dans la cuvette. Heureusement que c’était pas un piraña, il aurait bien été capable de me bouffer une roubignole, le glouton.

C’est bien joli de transformer un WC marin en aquarium mais ça ne peut pas durer. Je ne vais quand même pas nourrir la bestiole avec du daphnie, il faut que je m’en débarrasse. Je pompe doucement pour vider l’eau avec l’intention d’attraper le kamikaze aquatique, mais macache! il va se planquer dans le trou et je n’ai aucun moyen de l’extirper.

A partir de maintenant il faut éloigner les cœurs sensibles et les défenseurs acharnés de la condition animale. Je ne sais pas si Madame Bardot regarde mon blog tous les jours, comme elle le devrait, mais la suite n’est pas pour elle, ça va être horrible. Après un moment de recueillement, je me dis que s’il est passé dans un sens il a peut-être une chance de faire le retour sans dommage. Oui mais à l’aller, il n’y avait qu’un tuyau, pas de pompe, de membrane broyeuse, de mécanisme exterminateur. Et puis tant pis, des poissons j’en zigouille des dizaines à la pêche, je vais quand même pas verser une larme sur ce petit couillon, aventurier malheureux des tuyauteries sanitaires. Je lui adresse un dernier adieu, je ferme le couvercle et je pompe furieusement, sans réussir à me départir complètement d’une profonde culpabilité. J’attends que la dépression dans la cuvette disparaisse et je soulève le couvercle. Le Némo des tuyaux est toujours là, tel le canard de Robert Lamoureux, il est toujours vivant, indestructible, il frétille encore plus joyeusement que tout à l’heure avec, en plus, l’air de se foutre de moi. Il aime les courants violents sézigue et, en plus, ça ne le gène pas de rester plusieurs secondes dans le vide absolu créé par la dépression de la pompe. Il commence à m’énerver, cet abruti, je vais quand même pas m’attacher et le garder tout l’hiver avec un distributeur automatique de granulés. Après tout, c’est peut être un petit mérou qui prendrait une place considérable dans mon existence, le sacrifice est inéluctable. Les moyens mécaniques ayant été inopérants, il me faut trouver une autre arme de destruction massive. Il y a la pêche, bien sûr, mais j’ai peur de faire rire les mouettes avec ma canne à moulinet, trempant un asticot dans les latrines. Vu l’endroit, je pourrais utiliser les gaz, mais j’y répugne. Reste la chimie, une bonne dose d’eau de Javel et la bête serait bien propre pour son enmerrement, trop sauvage.

C’est alors que j’ai pensé à mon copain Jean-Yves qui est un ami des bêtes. La première fois qu’il est revenu de Salvador de Bahia avec son Galápagos, il a traversé l’Atlantique avec un perroquet et un chat sauvage, mais c’est une autre histoire ("Papa, les p'tits bateaux", FNAC.com). Il m’avait dit que, pour éviter de faire souffrir un maquereau, il suffisait de lui mettre un goutte d’alcool sur les branchies, radical selon lui. Après tout, mon petit compagnon a bien droit au verre du condamné, avant de passer dans la lessiveuse. J’attrape la bouteille de scotch et le gratifie d’une bonne dose. Au lieu de sombrer instantanément dans un coma éthylique profond, il a l’air très content, il n’a connu jusqu’ici que l’eau salée, ça le change. C’est qu’il tient drôlement bien le canon l’effronté, le voilà qui se met  à nager joyeusement dans le whisky comme si de rien n’était. Ça devient David contre Goliath cette affaire, il est maléfique cet alevin, il est comme un ministre, il ne veut pas quitter son cabinet. Bon, y’en a mare, je m’en vais le détruire l’ivrogne, le réduire en poudre, l’éjecter, le satelliser. Mais c’est trop cruel, je dois vous laisser sur votre faim comme dans la chanson de Brassens : « la suite serait délectable, malheureusement je ne peux…. ». Abonnez-vous en masse pour connaître l’épilogue que je raconterai un de ces jours. Pour l’heure, je dois vous quitter, j’ai un rendez-vous en ville avec un marchand de dynamite et d’armes lourdes au cas où le petit aventurier s’en serait quand même sorti vivant et aurait indiqué à tous ses congénères qu’il y a un bistrot pas cher dans les eaux calmes du port de Perros-Guirec. 

 

 

 
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